L'IA dans une PME : où en est-on, et comment s'y prendre ?
Publié le 8 octobre 2026 ‐ par Jérôme Cambon
Les outils d'IA changent à une vitesse folle. Claude et ChatGPT sortent de nouveaux modèles tous les quelques mois, de nouveaux outils apparaissent chaque semaine, et la plupart des logiciels que vous utilisez déjà ajoutent petit à petit leurs propres fonctions d'IA.
Dans une PME, personne n'a le temps de tout tester. Et ce n'est pas nécessaire. Le choix de l'outil compte beaucoup moins que la façon de s'en servir. Le meilleur modèle du marché donnera un résultat médiocre si on lui fournit peu d'informations, avec un prompt vague, et qu'on ne retravaille pas ce qu'il produit.
Donner de la matière
La qualité du résultat dépend d'abord de ce qu'on fournit en entrée.
Plus l'IA dispose de documents sur la situation et sur ce que vous attendez, plus sa réponse sera juste.
Vient ensuite le prompt. Il doit poser le contexte et préciser le format attendu, avec les détails sans lesquels l'IA sera obligée de deviner.
On me dit souvent que les images générées par IA se ressemblent toutes. C'est vrai quand la demande tient en une ligne. Quand je décris précisément le rendu que je veux, et que j'accepte de faire quelques essais en corrigeant la consigne, le résultat n'a plus rien de générique.
Réfléchir avant de demander
Je vois beaucoup de personnes écrire un prompt en une ligne, puis se laisser séduire par une réponse bien présentée, agréable à lire, qui ne répond pourtant pas à leur besoin. La forme fait illusion.
La première étape se passe donc sans l'IA : une réflexion pour savoir ce qu'on veut obtenir. Et parfois conclure qu'on n'en a pas besoin. Un mail rapide à un collègue s'écrit plus vite à la main ou en dictée qu'avec un assistant IA.
Prenons le lancement d'un nouveau produit. Je commence par mener ma propre réflexion sur ce que je veux développer, à qui ça s'adresse et pourquoi. Ensuite seulement, je donne cette réflexion à l'IA et je lui demande de la compléter avec des pistes auxquelles je n'avais pas pensé.
Pour un mail important, même logique. Personnellement, je l'écris d'abord entièrement, puis je le soumets à l'IA avec tout le contexte nécessaire pour qu'elle me suggère des améliorations.
S'approprier le résultat
Un copier-coller se repère vite. Les modèles ont été entraînés sur des milliers de livres et d'articles, et ils écrivent comme une moyenne de tout cela. Relisez chaque texte généré et remettez vos mots habituels, votre façon de tourner les phrases.
Chassez surtout ce que j'appelle les tics de langage de l'IA. Les deux plus visibles :
- Le tiret cadratin utilisé pour une pause dramatique : « Nous avons revu tout le processus — et les résultats sont là. » Une virgule ou un point fait très bien l'affaire.
- L'énumération systématique par trois : « une solution simple, rapide et efficace ». Une fois, ça passe, mais à chaque paragraphe, on reconnaît la machine.
D'autres réflexes trahissent aussi un texte généré :
- La question suivie de sa propre réponse : « Le résultat ? Un gain de temps considérable. »
- La fausse opposition : « Ce n'est pas un outil, c'est un levier de transformation »
- L'accroche passe-partout : « Dans un monde en constante évolution… »
- La petite phrase isolée pour faire de l'effet : « Et ça change tout. »
- La mise en forme appuyée, avec des emojis devant chaque puce, du gras partout
Avec cette méthode, le texte final vous ressemble, et pour cause : vous avez fourni l'essentiel de la matière et vous avez retravaillé la sortie.
Quand on me demande si un de mes mail ou document a été écrit par l'IA, je réponds que je me suis fait aider. L'IA a fait une partie du travail, moi l'autre, et c'est cette complémentarité qui donne un bon résultat.
Voici un exemple pour un flyer que j’ai fait pour un atelier IA. J’ai bien donné ma photo, mon logo et le contenu exact de mon atelier. Générés avec le même outil, le premier fait très “ChatGPT”, le deuxième non. (et au passage : si vous habitez près de Grenoble, vous êtes les bienvenus à cet atelier gratuit : voir post précédent)
C'est ce que je travaille avec les équipes que j'accompagne, sur leurs propres données et leurs tâches quotidiennes.